Aller au contenu principal
Fermer

Budget 2026 : les dépenses de santé devraient déraper, mais pas au-delà du "seuil d'alerte", selon le comité de surveillance
information fournie par Boursorama avec Media Services 21/04/2026 à 18:03

Pour 2026, le comité pointe "de multiples risques de dépassement" de l'objectif, notamment dans le champ des médicaments, honoraires des médecins spécialistes, paramédicaux ou transports sanitaires.

( AFP / THIBAUD MORITZ )

( AFP / THIBAUD MORITZ )

Il existe un "risque significatif" de dépassement de l'objectif fixé par le Parlement pour les dépenses de santé en 2026, mais probablement pas au-delà du "seuil d'alerte", estime dans son dernier avis le comité d'experts chargé d'en assurer la surveillance.

"En l'état des informations (connues) à ce stade précoce de l'année, le risque d'un dépassement du seuil d'alerte (0,5% du budget de l'Assurance maladie, près de 1,4 milliard d'euros) paraît devoir être écarté", écrit dans cet avis publié lundi 20 avril le comité d'alerte sur l'évolution des dépenses de santé.

Il existe toutefois un "risque significatif" de dépassement de l'objectif fixé dans la loi de financement de la Sécurité sociale , qui n'irait pas jusqu'à ce seuil, particulièrement dans le champ des soins de ville, poursuivent les experts, appelant à une "grande vigilance".

Trois fois par an, cette vigie des dépenses de santé produit une note à destination des autorités. Si elle sonne l'alarme, le gouvernement est tenu de prendre des mesures d'urgence pour corriger le tir avant la fin de l'année. Un déclenchement de "l'alerte", en juin 2025, avait ainsi conduit à un plan d'économies de 1,7 milliard d'euro s. Environ 1,2 milliard "apparaissent avoir été effectivement réalisées", sans compter 95 millions d'euros de "moindres dépenses", via notamment des réductions de dotations aux établissements, observe le comité.

Pour 2026, le comité pointe "de multiples risques de dépassement" de l'objectif , notamment dans le champ des médicaments, honoraires des médecins spécialistes, paramédicaux ou transports sanitaires. L'application de certaines économies prévues, notamment sur les médicaments, "a commencé à prendre du retard", souligne-t-il.

Grave déficit des hôpitaux public

Les prévisions gouvernementales tablaient par ailleurs sur un "ralentissement" du "nombre et de la durée moyenne" des arrêts maladie, "incertain" selon le comité. En outre, "les tensions inflationnistes liée à la guerre au Moyen-Orient" pourraient provoquer "un relèvement du Smic" et donc des dépenses d'arrêts maladie.

Contrairement au budget des établissements de santé, celui des soins de ville ne comporte pas d'enveloppe "mise en réserve" pour couvrir un éventuel dépassement des volumes d'activité anticipés, observe le comité, y voyant un "défaut majeur". Cela conduit régulièrement l'exécutif a mobiliser de l'argent initialement mis en réserve pour les établissements de santé.

Les experts alertent enfin sur le grave déficit des hôpitaux publics, estimé "entre 2,6 et 2,8 milliards d'euros" fin 2025. En 2025, les hôpitaux ont réglé leurs fournisseurs avec un délai de 71 jours en moyenne, contre 52 en 2019. La guerre pourrait aussi avoir des conséquences sur leurs charges, "difficiles à anticiper", conclut-il.

Mardi, le gouvernement a annoncé que 6 milliards d'euros de dépenses "pourraient être stoppées" pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, afin de tenir les objectifs de déficit.

Dans la sphère sociale, qui inclut l'Assurance maladie, le gouvernement envisage "deux milliards d'euros de mise en réserve à ce stade. L'année dernière par comparaison, on était dans les mêmes chiffres (...), avec des dépenses qui présentaient plus de risques", a souligné lors d'un point presse la ministre de la Santé Stéphanie Rist. "On est dans un moment de responsabilité ou on doit regarder (..) chaque euro dépensé" mais "on n'est pas dans quelque chose d'exceptionnel" dans la sphère sociale, a-t-elle estimé.

1 commentaire

  • 18:33

    Titre curieux. Le verbe "déraper" est inadapté si on pense ne pas dépasser "le seuil d'alerte". Il faut parler d'augmentation, pas de dérapage. Sinon dérape, c'est grave. On a quand même l'impression que personne ne maîtrise rien, ni ne contrôle rien. S'il y a un dérapage, ce n'est sûrement pas un dérapage contrôlé.


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires